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Trois idées pour diversifier sa pédagogie. Entretien avec François Muller

Quand on enseigne, diversifier sa manière de faire les choses a de nombreux avantages. Alors voici quelques idées au travers de cet entretien avec François Muller !

Bonjour, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Mes études et premières recherches ont été consacrées à l’histoire médiévale et particulièrement en archéologie pendant plus de dix ans; c’est important pour la suite. L’agrégation d’histoire m’a permis de parcourir plusieurs terrains d’enseignement, entre collèges de l’éducation prioritaire, lycée et enseignement dans le supérieur. Très tôt, la collaboration avec d’autres collègues d’autres disciplines m’a permis d’explorer les voies de la formation d’enseignement, et plus particulièrement l’accompagnement d’équipes… sur site.
On m’a sollicité alors pour devenir responsable de formation pour développer ces nouvelles modalités, puis responsable de l’innovation dans l’académie de Paris; pendant dix ans, j’ai pu développer pratiques, organisations et ressources à l’attention des équipes d’école et d’établissement. Ces travaux ont nourri plusieurs publications.
Depuis deux ans à présent, Je travaille au sein du département recherche développement en innovation et en expérimentation au ministère de l’Éducation. Mon activité est centrée sur l’accompagnement du changement et le développement professionnel.
D’une certaine manière, l’exploration des pratiques et la nécessaire analyse interdisciplinaire requise se retrouvent dans l’archéologie… en pédagogie.

Pourquoi vous êtes vous intéressé au thème “diversifier” ?

Certainement pas grâce aux épreuves du concours, ni par la formation initiale très universitaire où les élèves étaient très loin, voire absents. Poser la question de la diversification renvoie inéluctablement à la question d’apprendre pour les élèves, et par conséquence, aux méthodes d’enseignement requises.
Par choix, j’ai effectué mon service militaire très tard, à 25 ans et en Allemagne; je suis parti avec des jeunes de 18 ans, issus des banlieues et du Nord. Ils étaient ce que ce seraient mes futurs élèves, Il m’a fallu écouter, comprendre, échanger, travailler avec eux pour mesurer le chemin encore à parcourir pour moi.
Les années suivantes, en prenant le poste d’enseignant, ont été déterminantes; l’appui des collègues d’EPS notamment a été fondamental pour entrer dans des approches diversifiées, variées, ajustées, … et plus efficaces en termes de résultats pour les élèves et de satisfaction professionnelle pour moi. Le changement de regard porté sur les élèves a été essentiel pour mettre en oeuvre la diversification. La technique sinon n’est rien.
Ce qui est vrai pour des élèves dits en difficulté l’est tout autant pour n’importe quel autre public en situation de formation; ce sont des processus actifs puissants que j’observe dans les groupes d’adultes que j’accompagne ou pour de étudiants en master 2.

Auriez-vous 3 exemples de diversification pédagogique à mettre en place lors d’un cours ?

Ce peuvent être des choses assez simples qui permettent de faire varier l’équation routinière une heure/un prof/une classe, suivant le principe du clinamen (voir l’explicitation sur http://francois.muller.free.fr/contes/clinamen.htm), par exemple:

I – Partager les rôles et les responsabilités en organisant (vraiment) le groupe; bien des classes dès la maternelle sont organisées comme cela, beaucoup plus rarement au collège et au lycée; ce peut être des rôles d’organisation, mais plus sûrement des rôles d’apprentissage: binomage, co-évaluateur, réacteur subjectif (à la fin, un élève dit comment il a vécu le cours et ce qu’il en retire), dessinateur (de carte mentale), détecteur des questions, chercheur dans le manuel; ce sont des rôles tournants et forcément variés. La difficulté actuelle réside dans le fait qu’il n’existe qu’un seul rôle reconnu, celui de délégué. Voir la variété des possibles à partir de http://francois.muller.free.fr/diversifier/ROLES.htm

II – faire construire collaborativement et progressivement la trace écrite du cours à l’aide de l’approche heuristique (carte mentale), avec en support (et en feed back pour soi), un élève au tableau. Cette approche renforce l’auto-évaluation et la capacité de synthèse, des compétences gages de la réussite à l’école.

III – proposer une image ou tout autre support graphique comme base de départ et comme processus de construction de la connaissance collective (un tableau, une photo, etc…); elle permettra de mieux encoder les connaissances et de les transposer dans d’autres écrits. Ce type de technique contribue à l’enrichissement culturel et à l’interdisciplinarité de manière assurée.

Comment peut-on en savoir plus sur vos travaux ?

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Concepteur de RESPIRE, réseau social de l’éducation, http://respire.eduscol.education.fr/ , je suis également l’auteur de plusieurs sites en ligne (« Diversifier ») et de plusieurs ouvrages dont le « Manuel de survie à l’usage de l’enseignant même débutant ».
Avec André de Peretti, nous avons commis quelques ouvrages, comme Contes et fables pour l’enseignant moderne et Mille et une propositions pour animer un cours et innover en classe
Plus récemment :
– Sur les changements dans les pratiques et dans les organisations, L’innovation, histoire contemporaine du changement en éducation
– Avec Romuald Normand, Ecole : la grande transformation ? Les clés de la réussite

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