Pascale de Schuyter Hualpa : D’enseignante de FLE à Directrice d’Alliance française

Entretien Café du FLE avec Pascale de Schuyter Hualpa le 15 décembre 2011 à l’Alliance française de Paris Ile de France, boulevard Raspail à Paris.

Un parcours au service de la rencontre des cultures et du métissage
Pascale de Schuyter Hualpa

Une enseignante devenue directrice d’Alliance française

Le parcours de Pascale de Schuyter Hualpa a pris trois couleurs : enseignante, 3 ans chargée de mission au Ministère des Affaires étrangères et européennes et alors directrice d’Alliance française. Elle a été amenée à diriger cinq Alliances: Cuzco au (Pérou), San Luís Potosí (Mexique), Brasilia (Brésil), Bruxelles (Belgique) puis Paris (France).

« Faire se rencontrer les cultures »

On suit un cheminement au sein des Alliances françaises lorsque l’on est sensible au métissage, décrit Pascale particulièrement sensible à l’Amérique Latine. Les nationalités, les métiers et les cultures se rencontrent dans les classes de FLE. Connaître plusieurs langues, c’est aussi accéder à plusieurs formes de pensées (littérature, médias).

« La pédagogie au coeur de la gestion d’un établissement »

Expliquer et avoir de l’attention est partout dans une école de FLE. En salle de cours ou à l’accueil, il est naturel d’avoir le sourire . Dans une Alliance française, une directrice ne fait pas attention qu’aux professeurs. Si il est essentiel d’avoir une démarche marketing, l’équilibre de la profession, c’est de rester bonne gestionnaire avec des valeurs et de l’humanité.

Les Outils numériques ? « Une fenêtre sur le monde »

Les TNI sont intéressants car ils permettent d’ouvrir à n’importe quel moment une fenêtre sur le monde. On peut par exemple avec Google Earth se ballader sur la planète rejoindre le pays de tel ou tel apprenant. La formation à distance peut faire partie de l’offre d’un centre de FLE notamment pour les apprenants éloignés géographiquement . Néanmoins, Pascale de Schuyter Hualpa a un penchant pour l’apprentissage en présentiel car on y apprend ensemble et avec plus d’interactions.

Saisonnalité du FLE : « A Paris il n’y a pas de saison basse »

L’alliance est presque toujours pleine. Les inscriptions à l’année ou les séjours courts sont courants. Paris accueille la planète entière. Il n’est pas rare d’avoir 5, 10 voire 15 nationalités dans une même salle de classe.

Des profils types pour être recruté comme directeur ? Pas forcément !

« Les seules limites sont les règles de recrutement  » internes. Si beaucoup de directeurs sont d’anciens enseignants, les sources de recrutement s’élargissent actuellement. Souvent, ce sont surtout des cheminements de la vie personnelle qui font que l’on s’oriente vers le métier de direction d’Alliance française (conjoint d’une autre nationalité, parcours international). Un élément récurrent : la polyvalence des personnes recrutées.

Des clés pour réussir :

– Travailler en équipe. Savoir confier tout en sachant que « déléguer » n’est pas synonyme de « laisser faire ». Il faut de toute façon accompagner.

– Savoir convaincre mais savoir aussi reconnaître que l’on est pas omniscient. Ecouter les autres, c’est le « garde-fou » d’un directeur.

– Comprendre le pays d’accueil.

AFPIF-fle

L’Alliance française de Paris Ile-de-France en chiffres :

12 000 étudiants par an de 160 nationalités avec une moyenne d’âge de 29 ans.

11,5 millions de CA, 160 salariés permanents

11 000 m2 de locaux, 2300 enseignants formés chaque année

  • Nicolas

    Bonjour,
    Il y a quelques mois, j’avais envoyé un message à Madame Pascale de Schuyter Hualpa, message qui était d’ailleurs resté sans réponse… ! Je vais réitérer et même affiner ma question : dans cet article, on parle des profils des directeurs, mais qu’en est-il des profils des enseignants / formateurs FLE désirant revenir travailler en France, sachant que le DAEFLE n’est pas pris en considération par les Alliances Françaises au niveau national ?
    Dans l’attente d’une réponse à cette question, recevez mes sincères salutations.
    Nicolas.

  • Nicolas

    Je tenais à apporter une petite précision : certaines Alliances (la majorité !), en France, ne recrutent que des candidats titulaires d’un master FLE et avancent l’argument que le DAEFLE n’est utile qu’à l’étranger !!!!! Qu’en pensez-vous ?
    Je suis de retour en France depuis l’année dernière, après quelques années passées au Pérou, où j’ai enseigné le FLE. J’ai suivi quelques formations dans ce domaine et obtenu le DUFLE à l’Université du Maine, en 2010 / 2011. Je suis actuellement en train de préparer un diplôme de formateur d’adultes au sein de la même université. Et après ?… Aurai-je une chance de pouvoir m’épanouir professionnellement dans le domaine du FLE, en tant que formateur, sans DAEFLE, ni master FLE ?…

  • Paul

    Bonjour Nicolas, je vous comprends. Mais vous gâchez peut-être de l’énergie dans la démarche actuelle. Sans langue de bois, vous avez probablement plus acquis de compétences lors de vos expériences terrains que lors de cours de didactique très valorisants pour un prof universitaire stratosphérique mais souvent déconnectés de la réalité d’un élève du quotidien. Peu importe le XYZFLE acquis, vous êtes devenu un enseignant expérimenté dont le travail a une vraie valeur. Cette énergie dépensée à relancer les employeurs sur la valeur de tel ou tel diplôme, vous pourriez la mettre directement au service de la recherche de clients en tant que prof indépendant. Des entreprises ou des particuliers veulent des cours de FLE. En prof indépendant, vous serez payé à l’heure de cours (alignez vous sur les tarifs des écoles – 20 %) et vous vivrez très bien. Vos élèves veulent simplement un prof expérimenté, motivant et qui a envie de bien faire son métier. Vous êtes ce prof. Amicalement, Paul.

  • Nicolas

    Merci beaucoup pour vos conseils, Paul. Je suis d’ailleurs tout à fait de votre avis.

    J’aimerais toutefois avoir une réponse de Madame Pascale de Schuyter Hualpa, Directrice de l’Alliance française de Paris Ile-de-France, à mes diverses interrogations. Le DAEFLE sert-il à quelque chose en France ? Est-il nécessaire d’avoir un master FLE pour travailler dans une Alliance Française en France ?… Très sincèrement, je ne crois pas, puisque j’ai fait la connaissance de certains formateurs FLE qui travaillent ou ont travaillé dans diverses Alliances ici en France et ils n’avaient pas de master FLE !!!!! J’ai malheureusement l’impression que l’on nous raconte parfois un peu n’importe quoi, mais bon… !!!!!

    Amicalement,

    Nicolas.

  • Santini

    Je fais suite aux posts de Paul et Nicolas.

    Nicolas : Rassurez-vous, le master FLE et le DAEFLE ne sont que des formations fantômes qui ne sont reconnues ni à l’étranger ni en France pour le plus grand malheur de tous les professionnels de l’enseignement du FLE/FOS qui ont choisi cette voie par vocation et qui ont cru à la valeur de ce diplôme universitaire, bien vendus par ces chers universitaires si loins de la triste réalité du terrain (voir mes commentaires dans d’autres articles). Maintenant, attention à la pensée actuelle « débile » qui affirme que « si on parle le français, on est automatiquement un bon professeur de français ». Enseigner sa propre langue à des apprenants non francophones requiert un véritable savoir-faire en ingénierie pédagogique dans un premier temps puis dans un deuxième temps en ingénierie de formation, une fois que l’on a acquis de l’expérience. Tout cela est loin d’être compris à l’étranger par certains directeurs d’Alliance qui recrutent n’importe qui … et en France par des directeurs d’organismes ignorants des fondements de l’apprentissage en langue étrangère. Quant à l’EN et aux universités, c’est pire. Le FLE, ils ne connaissent pas et ils crachent dessus sans vergogne. Triste, non ?

    Paul : Tant mieux pour vous si vous vivez bien mais la réalité est assez différente, je crois. En France, dans le marché du FLE, les professionnels (diplômés FLE et expérimentés FLE) se voient souvent damer le pion par les vacataires en lettres de l’EN, les retraités de l’EN ou pire encore les enseignants de disciplines bien lointaines (maths, histoire, allemand, …). Alors à ce petit jeu là, croyez-moi, les entreprises et les particuliers que vous citez ne vont pas être très regardants sur le diplôme et vont aller vers le moins cher avec des conséquences désastreuses en terme de pédagogie.

  • ouzeri baizid

    Je suis professeur vacataire de français à l’université,étant en retraite, après mes fonctions d’enseignant,directeur puis inspecteur. J’ai déjà contacté l’alliance française mais en vain pour d’éventuelles participations ou apprentissages car en Algérie, on enseigne le français mais on l’enseigne selon les procédés et méthodes d’une langue maternelle.Apprendre à enseigner le FLE est très intéressant pour les pays où l’on enseigne le français et où on l’utilise car je vois que cette langue est de plus en plus démarquer par l’anglais .OUZERI BAIZID

  • julie

    je suis une professeur de FLE aguerrie, titulaire d’un DAEFLE qui m’a permis de travailler en Alliances, dans différents centres, en France comme à l’étranger, et maintenant en indépendante. Je voudrais ajouter des précisions à cet article (est ce une interview ? ou des propos re écrits ? ce n’est pas très clair) que j’ai connu l’alliance de paris avant et après l’arrivée de Mme de Shuyeter Halpa. Les conditions de recrutement et de travail n’étaient pas très confortable jusqu’alors – cela s’est empiré. salaires au rabais, cdd reconduits de mois en mois, groupes d’élèves de 20 personnes, aucune reconnaissance, aucune écoute. j’ai choisi de ne plus enseigner dans cette structure pourtant prestigieuse.
    juste pour info …

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