Diriger un centre de FLE – Entretien avec Nathalie Chevalier

Diriger un centre de FLE – Entretien avec Nathalie Chevallier, directrice de l’Alliance française de Strasbourg Europe.

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Bonjour Nathalie, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai un parcours atypique :
– Membre de la Maîtrise de Radio France étant petite (8 à 15 ans), chant, piano, violon
– Maîtrise de Lettres Modernes (Sorbonne)
– BTS Communication des entreprises
– 6 mois en stage en agences de communication (Strasbourg)
– 7 ans Chef de Publicité et Promotion pour Citroën Hongrie (Budapest)
– 1 an Responsable Marketing (Ford, Debrecen, Hongrie)
– 3 ans Directrice Alliance Française de Debrecen (Est de la Hongrie)
– Depuis novembre 2009 : Directrice de l’Alliance Française Strasbourg Europe

Quelles sont les spécificités de la ville de Strasbourg ? Quel est l’impact sur le travail de l’Alliance française ?

– Spécificités : Strasbourg est une ville ambivalente : à la fois à dimension internationale (plan transfrontalier et Capitale Européenne), et à la fois une ville de Province à taille humaine.
– Une ville à forte présence estudiantine (la ville de France ayant le plus d’étudiant proportionnellement à sa taille).
– Forte concurrence de la part d’autres écoles de langue
– Impact :
o l’Alliance Française mise sur sa taille humaine, sa convivialité et la chaleur humaine de son accueil. Nous en faisons une force, car les étudiants aiment être « chouchoutés ». Convivialité et Qualité sont les maîtres-mots de notre communication.
o Nous essayons aussi d’être attractif au niveau tarifaire, et de proposer un certain nombre de petits « plus » qui inciteront les étudiants à choisir notre école.
o Le public étudiant est très varié, car nous avons, en plus des étudiants « traditionnels » (type Erasmus ou autres échanges internationaux), aussi la présence de fonctionnaires européens (et leurs conjoints), et la proximité de l’Allemagne (5mn en voiture).

Quels sont les aspects sur lesquels un directeur / une directrice d’Alliance doit toujours travailler (au quotidien et sur le long terme)?

– Cela dépend de la taille de son alliance, et de son implantation (en France ou à l’étranger, la mission n’est pas la même).
– Tous les aspects sont à surveiller bien évidemment, tout est important.
– Au quotidien : la bonne planification du travail, la bonne organisation de l’activité de l’équipe.
– Contrôle de la qualité de la formation dispensée et de la satisfaction des étudiants en général par rapport à l’accueil, les locaux, la pédagogie etc…
– Sur le long terme : savoir toujours faire preuve d’anticipation et savoir investir en temps et en personne ; tout comme une entreprise, une alliance qui ne se développe pas, est une alliance condamnée à long terme.

Quels conseils donneriez-vous à une personne encore étudiante ou en début de vie active qui se destine à la direction d’un centre d’enseignement ?

– Obligatoire : Avoir un profil entrepreneurial, donc idéalement avoir une expérience dans le monde de l’entreprise avant.
– Avoir le sens de l’organisation, une très bonne résistance au stress, être multitâche
– Savoir diriger et motiver une équipe, coordonner le travail des hommes, et aimer les chiffres : gérer une école, c’est aussi gérer ses finances, ses investissements, ses ressources financières.
– Vouloir être Chef de centre FLE, c’est un rôle transversal, il ne faut pas que se concentrer sur la pédagogie FLE
– C’est être capable de tout faire : commerce, RP, Marketing, politique prix/produit, finance et budget, management, développement etc… bref les mêmes pôles que pour une PME.

  • Santini

    Au risque de devoir à nouveau me répéter, voilà de nouveau un témoignage qui mérite fort réflexion.

    Le « parcours atypique » de Natalie Chevallier vaut effectivement le coup d’œil. Mais encore, une fois, je ne pense pas qu’on peut vendre des offres de cours linguistiques comme on vend des voitures !!! Cela nécessite des connaissances et des compétences que l’on ne retrouve malheureusement que très rarement chez les dirigeants d’Alliance.

    Alors, il serait un grand temps que la fondation entreprenne une refonte de son système de recrutement et cesse les parachutages de managers aux compétences extrêmement discutables. Sans cela, la situation guère glorieuse des Alliances à l’étranger ni de celles en France (suivi mon regard dans l’Ouest par exemple) ne fera que s’accroître.
    Dois-je le rappeler, enseignant de FLE, c’est un véritable chemin de croix (comme le rappelle si bien Corentin « Les enseignants de FLE ne sont pas fonctionnaires, ne connaîtront peut-être jamais la rémunération de 30 à 70 euros nets de l’heure enseignée, ne savent pas si ils auront le même poste assuré à 55-60-65 ans… « ) en grande partie dû aux décisions non maîtrisées d’une direction peu enclin au management humain.

    Alors, il me semble qu’il serait bon de rajouter quelques éléments à la deuxième question :

    Quels sont les aspects sur lesquels un directeur / une directrice d’Alliance doit toujours travailler (au quotidien et sur le long terme)?

    * Marketing et ingénierie de formation : Ne pas avoir peur de s’appuyer sur l’équipe enseignante en place qui connait certainement beaucoup mieux les besoins et les format d’offres de cours à développer

    * Recrutement : Veiller à privilégier les candidatures avec une formation FLE afin de crédibiliser l’enseignement offert et apporter une meilleure visibilité au niveau national et international de cette formation universitaire

    * Gestion : Accorder en priorité le budget de la formation continue pour valoriser les enseignants les plus fidèles et compétents et NON PAS pour assurer des inscriptions en Master 1 de FLE à des enseignants qui n’ont pas leur place dans le réseau

    * Organisation travail équipe : Cesser définitivement les heures d’astreinte pédagogique non rémunérées pour les enseignants-vacataires contraints de les accepter sous peine de diminution de volume horaire de cours. Cas typique du « manipulateur-manipulé » qui génère démotivation, conflits et mal-être.

    * Valorisation du personnel : Savoir mener une profonde réflexion sur la reconnaissance et la valorisation des vacataires longue durée. Quoiqu’on en dise, maintenir un enseignant de FLE formé et expérimenté sous un contrat de vacation pour un maigre salaire, c’est nier son passé et son droit fondamentale à aspirer à une vie meilleure. La pérennisation des emplois va de pair avec la rentabilité

    * Qualité : Arrêter d’appliquer bêtement les critères d’une démarche qualité. Contraindre un vacataire à suivre des entretiens d’évaluation (maladroitement menés par des pseudo-managers : appui sur le négatif au détriment du positif), simulacres de mise au point, sans prendre en compte leurs obligations extérieures afin de terminer correctement les fins de mois est une démarche profondément indécente.

    * Motivation du personnel : Avoir l’intelligence de favoriser la promotion des vacataires les plus méritants en interne pour des postes à responsabilités sans avoir recours systématiquement au VI pour la coordination pédagogique ou au parachutage pour la direction est une grande marque managériale de considération et de respect de soi et d’autrui

    * Qualités personnelles : Savoir faire preuve d’humilité et savoir humaniser sa communication pour rétablir un mieux-être et de meilleurs rapports entre l’administration, l’équipe dirigeante et l’équipe enseignante. Savoir laisser sa porte ouverte et ne pas privilégier toujours les mêmes lors de la pause café est aussi une forme de sagesse managériale.

    Qu’on se le dise

  • ouzeri baizid

    Comme je l’ai déjà dit auparavant nous voulons participer ou apprendre le FLE étant ancien enseignant du primaire à l’université je suis convaincu que j’ai un plus à ajouter mais comment? oUZERI Baizid

  • Iki

    Et moi je suis étouffé de rire à la lecture des derniers commentaires…. Mais sérieux, vous croyez ce que vous dites les trois derniers ? Quant à la qualité du français que vous écrivez, je n’en parle même pas ! Et ça enseigne le FLE ? Ben voilà, on a que ce qu’on mérite, à force de payer une misère, on récolte des profs incompétents ! Et avec des profs incompétents, on a des élèves déçus qui tournent le dos au réseau, donc moins d’argent… Eh oui…
    Santini, merci pour votre commentaire réaliste.

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