Accueillir, gérer, diriger. L’importance du personnel non-enseignant dans un centre FLE

Entretien avec Philippe Brochard, secrétaire général du Groupement FLE

personnel non enseignant lecafedufle

Bonjour Philippe, pourriez-vous vous présenter ?

Philippe Brochard : je suis actuellement Secrétaire Général du Groupement FLE et j’aiaccompli une grande partie de ma carrière dans le domaine du f.l.e. Ayant à l’origine une formation d’historien acquise à la Sorbonne, je suis entré dans le f.l.e. (qui ne s’appelait pas encore le f.l.e. à l’époque !) par le biais de la culture et civilisation française. Je suis devenu ensuite directeur pédagogique et, en 1991, directeur de l’Ecole Suisse Internationale à Paris. Poste que j’ai quitté en 2014. Avec plusieurs collègues responsables de centres de f.l.e. en France, nous avons formé une association de fait à la fin des années 90 qui est devenue le Groupement FLE, association de Loi 1901, en 2008.

Qui sont les personnes qui n’enseignent pas dans un centre de FLE ? Peut-on les regrouper par direction ?

Globalement, on peut parler de trois types d’orientation : le management général de l’établissement (direction, commercialisation, administration, finances), l’accueil et l’accompagnement (inscriptions, hébergement des étudiants, gestions administrative des examens, secrétariat courant) et les services (entretien des locaux, services techniques et informatique, restauration, éventuellement gestion des lieux de sommeil si le centre propose un hébergement interne). Vous remarquerez qu’on retrouve là, exprimés autrement, trois des cinq domaines retenus par le label Qualité FLE pour l’évaluation de la qualité d’un centre, les deux autres domaines étant relatifs à l’enseignement.

Toutes ces fonctions font appel à des compétences très différentes bien entendu. Elles doivent en principe être assurées par plusieurs personnes mais tout dépend de la taille du centre. Un petit centre n’a pas forcément les moyens – financiers, s’entend – d’engager un personnel nombreux mais cela ne signifie pas que la qualité de l’accueil en souffre. Bien au contraire. Dans ce cas, les services autres que l’enseignement reposent sur des personnes fortement polyvalentes. C’est d’ailleurs ce qui fait tout l’intérêt du métier. Beaucoup de centres de f.l.e. fonctionnent avec deux ou au maximum trois personnes non enseignantes.

Que ce soit un grand ou un petit centre, ce n’est presque jamais une très grande structure.

Et pourtant, nous devons fonctionner comme de grandes entreprises internationales car nos clients sont souvent… de l’autre côté du globe ou, au mieux, dans des pays européens eux-mêmes fort divers. Une école de f.l.e. a donc besoin de personnels autres que ceux d’un établissement d’enseignement habituel, ne serait-ce que pour des raisons linguistiques ou stratégiques.

Pourquoi donner plus de place, plus d’attention aux rôles de ces personnes ? Et comment le faire ?

Pour exercer ces fonctions de façon satisfaisante, il faut bien évidemment avoir des dispositions particulières, des qualités d’écoute, un souci d’attention envers l’ « autre », envers l’étranger qui est aussi un client. Prendre conscience de ses difficultés, de ses habitudes, de son désarroi parfois. Nous avons affaire à des publics très variés. Par rapport à une situation donnée et en fonction de son mode de vie habituel, une Japonaise ne réagit pas forcément comme un Mexicain, un Suédois ou une Indienne. Un étudiant jeune ne réagit pas non plus comme une personne mûre.

Mais les compétences « naturelles » ne suffisent pas toujours, surtout quand on fait appel à la polyvalence. Il faut se former, en permanence.

Pendant des années, les centres de f.l.e. ont pensé à former leurs enseignants, parfois leurs dirigeants, mais rarement leurs personnels dits « administratifs ». Il n’existe pas, dans les offres de formation professionnelle continue, de thèmes spécifiquement adaptés au f.l.e.. C’est donc l’initiative que nous avons prise au Groupement FLE il y a trois ans.

D’ailleurs, nous avons constaté que, dans ces actions spécifiques de formation, ce qui est peut-être le plus important c’est de donner à nos personnels l’occasion de se rencontrer, entre centres différents souvent éloignés les uns des autres. Et de constater que l’on est en face de problèmes identiques, que l’on peut en parler, sortir de son isolement, échanger des informations et des savoir-faire. Toute la profession en bénéficie.

Et puis, c’est un point auquel je tiens beaucoup, c’est une façon de montrer que nous savons reconnaître l’importance de ces services souvent dits « annexes à l’enseignement », par exemple l’hébergement, et qui en réalité ne sont pas du tout annexes. C’est une manière de valoriser ces fonctions et les personnes qui les assurent.

Pourquoi la question de l’hébergement est cruciale ?

Lorsque j’ai débuté dans le métier, dans les années 70, ce n’était pas un problème de fond.

Les étudiants se débrouillaient par eux-mêmes, avec l’aide éventuelle du secrétariat. On le mentionnait à peine dans les brochures d’information. Peu à peu, le service d’hébergement est devenu une fonction à part entière. De nos jours, c’est une prestation fondamentale. On imagine mal qu’un centre de f.l.e. ne s’occupe pas de loger ses étudiants. Lorsqu’un étudiant, un parent d’élève ou un agent éducatif se renseigne, c’est très souvent la première question qu’il pose.

Pour un étudiant/stagiaire, l’hébergement va déterminer son bien-être quotidien. Il faut penser que dans un séjour f.l.e., il y a un aspect « tourisme ». La majeure partie des étrangers qui viennent faire une formation f.l.e. choisissent pour ce faire un lieu qui les attire (bord de mer, montagne, petite ou grande ville, etc). S’ils résident en famille d’accueil – c’est un cas très fréquent – ils souhaitent bien entendu résider chez des gens accueillants, sympathiques, communicatifs. Nous devons aussi être attentifs à des détails qui pourraient paraître mineurs : fumeur ou non, allergie aux poils d’animaux, etc. Un étudiant mal à l’aise dans sa vie de tous les jours ne va pas acquérir la pratique du français aussi facilement qui celui qui se sent bien. C’est une question d’osmose. Nous sommes tous, « nous » les acteurs d’un séjour f.l.e. à quelque niveau qu’on se situe, une illustration de la langue que nous enseignons et du pays où nous l’enseignons. Le rôle du service d’hébergement dans un centre de f.l.e. est donc capital. A l’expérience, je peux vous dire que la réussite d’un séjour f.l.e. tient certes à l’enseignement et aux activités connexes, mais pour une bonne moitié au moins aux conditions de vie quotidienne. Le FLE, c’est une partie de l’attractivité touristique de la France. Certaines villes l’ont d’ailleurs très bien compris en contribuant à la communication internationale des centres locaux.

Comment peut-on vous contacter / contacter le Groupement FLE ?

Le Groupement FLE représente actuellement 33 centres sur l’ensemble de la France. Le siège de l’association se situe à Paris, le président, Patrick de Bouter, est directeur du Campus International de Cannes, mais notre base opérationnelle se trouve à Montpellier. Le plus simple est donc de contacter Edith Dupuis, notre coordinatrice, qui assure le relais avec les neuf membres du Comité Directeur, chacun étant en charge d’un sujet spécifique. Voici nos coordonnées :

courriel : contact@groupement-fle.com

téléphone : 00 33 (0) 4 99 62 13 96 ou 00 33 (0) 6 16 09 32 72

site web : www.groupement-fle.com

Et une annonce :

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