Cinq actions pour continuer à progresser en tant que professeur indépendant de FLE

Comment un professeur indépendant peut-il mettre en place sa démarche qualité ?

Entretien avec Jacqueline Baudru.

Bonjour Jacqueline, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour Corentin. Je suis ravie de participer à ton blog et t’en remercie. Je m’appelle Jacqueline. J’habite actuellement à La Rochelle. Je travaille depuis 25 ans dans les métiers de la formation, majoritairement dans le domaine du FLE. J’ai exercé dans divers organismes (écoles de langues, centres de formation, universités, associations…), en France (Bordeaux, Montpellier, Paris, La Rochelle…), en Guyane (Kourou) et à l’étranger (Etats-Unis, Mexique), auprès de publics de tout niveau et de toute nationalité. J’ai occupé des postes d’enseignement, de coordination, de direction. Au cours de ce parcours, j’ai eu l’occasion de participer à la mise en place de démarches qualité et également au management de la qualité dans un organisme international d’enseignement des langues.

Quels sont les objectifs d’une démarche qualité ?

L’objectif principal d’une démarche qualité à mon avis, c’est la satisfaction de l’apprenant, du client ; c’est de garantir des prestations d’une qualité professionnelle répondant à ses besoins (exprimés ou non) et à ses attentes. Il s’agit d’acquérir, de renforcer sa confiance, de le fidéliser en offrant des services d’une qualité égale ou supérieure à celle de la concurrence, de respecter les engagements que l’on a pris auprès de lui dans le descriptif des cours et des services offerts par exemple. L’apprenant, le client, est au cœur de la démarche qualité.

Un autre objectif, c’est de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue, pour accroître ou maintenir son niveau de performance. L’objectif est de s’engager dans un processus dynamique et constant. Ceci implique d’effectuer régulièrement des diagnostics, des audits internes, d’accepter une remise en question permanente de ses pratiques, de maintenir le niveau de professionnalisme par le développement continue des compétences, de réaliser une veille sur la concurrence et sur les évolutions du marché, de procéder régulièrement à l’évaluation et à l’analyse de la satisfaction du client et des résultats obtenus, de rechercher des solutions ou de valoriser les bonnes pratiques.

Tout ceci demande de construire des outils adaptés, de formaliser et d’impliquer tous les acteurs (clients, équipes), ce qui à mon avis est motivant car tout le monde est investi dans la recherche d’une même finalité, chacun contribue aux différents processus.

Un des autres objectifs d’une démarche qualité est d’homogénéiser les pratiques au sein d’un organisme, de faire en sorte que le même niveau de qualité et les mêmes critères soient respectés par tous. Le référentiel qualité est un outil central. Il permet non seulement d’évaluer et de s’autoévaluer mais joue également un rôle de guide. Il doit être accessible à tous les personnels. Ce référentiel permet de clarifier les rôles, de responsabiliser l’ensemble des équipes dans le processus, de donner du sens à l’action de chacun dans l’objectif commun visé mais aussi de faciliter l’intégration de nouveaux collaborateurs. Et puis, lorsque l’on est engagé dans une labellisation, obtenir un label est valorisant. C’est une source de reconnaissance externe de la qualité professionnelle de tous les collaborateurs.

Comment un professeur indépendant (en présentiel ou en ligne) peut-il mettre en place une démarche qualité ? Aurais-tu cinq idées d’actions à mettre en place ?
Il me semble important pour des professeurs indépendants de garantir la qualité des cours qu’ils proposent, de s’assurer de la satisfaction de leur public, de l’adéquation de leur offre aux besoins, etc.

Quelles seraient les cinq actions à mettre en place ?

Alors, la première action, pourrait être de faire un diagnostic, de faire le point sur ses compétences, ses atouts (expériences, diplômes, etc.), sur le type de cours que l’on peut et souhaite proposer, sur l’approche pédagogique que l’on va privilégier, sur les moyens nécessaires et ceux dont on dispose, sur les besoins des publics que l’on vise, sur l’offre de cours des concurrents, sur les tarifs pratiqués, sur ses disponibilités, etc. Cette analyse me semble nécessaire pour définir précisément l’offre que l’on va mettre en place, s’assurer qu’elle répond à un besoin et qu’on possède tous les éléments pour y répondre.

La deuxième action pourrait être de concevoir un descriptif « attractif », clair, précis et bref de son offre de cours et ne pas oublier de mentionner son expérience et/ou diplômes, tout ce qui prouve son professionnalisme. L’essentiel doit être mis en évidence. Il faut sélectionner les médias sur lesquels on souhaite le diffuser, (sites d’annonces, blogs, réseaux sociaux …) et déterminer sous quelle forme (annonce écrite, vidéo, animation, …), décider de le publier en français ou dans plusieurs langues, etc. Ce descriptif est très important et doit être réalisé avec beaucoup d’attention car c’est la première chose que le futur client va voir et c’est en comparant différentes offres qu’il va choisir celle qui correspond le mieux à ses attentes. Il est primordial de ne pas le décevoir ensuite. La justesse et la précision de ce descriptif doivent constamment être vérifiées et amendées si nécessaire.

Une troisième action pourrait être de concevoir les outils qui vont ensuite permettre d’évaluer en continu la qualité des cours que l’on offre et s’assurer que ces cours correspondent aux attentes et aux besoins des apprenants, à l’offre que l’on a publiée. Quels outils et pour quoi faire ? Par exemple, des outils pour déterminer le plus précisément possible les besoins et les attentes de l’apprenant en début de formation (test de positionnement, questionnaire, entretien, …), des outils pour évaluer la satisfaction de l’apprenant tout au long de sa formation et permettre de réajuster les cours au plus près de ses besoins le cas échéant, des outils pour suivre et mesurer les progrès réalisés par l’apprenant et l’efficacité des cours (tableau de suivi, évaluations, auto-évaluations, entretiens,…), des outils pour évaluer la satisfaction de l’apprenant à la fin de la formation. Il ne s’agit pas seulement de concevoir et utiliser des outils de mesure ou de recueil d’informations mais surtout d’analyser les résultats et réfléchir aux actions à mettre en place pour améliorer ses prestations, son offre, ses approches. Et ensuite réaliser ces actions, les planifier, les tester.

Une autre action qui me semble importante est d’effectuer une veille permanente sur la concurrence, sur l’évolution du marché, sur les recherches en didactique et pédagogie, sur les outils numériques, etc., et de participer à des conférences, des rencontres, suivre des formations pour maintenir et développer ses connaissances & compétences et adapter son offre et ses pratiques.

Peut-être qu’une cinquième action pourrait consister à entrer en contact avec d’autres formateurs indépendants, créer ou rejoindre une communauté de formateurs indépendants pour échanger sur les pratiques, participer à des discussions sur les réseaux sociaux, etc. Le formateur indépendant est assez isolé et il me semble utile et motivant de rompre cet isolement, de s’enrichir grâce à des échanges, des partages d’expériences.

Comment faire pour te contacter et en savoir plus sur tes activités ?

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