Un plan de promotion pour l’enseignement français à l’étranger

Alain Juppé, le ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, a présenté le plan de développement de l’enseignement français à l’étranger lors du Conseil des ministres du 14 juin 2011.

Des moyens significatifs : 420 millions d’euros par an pour 2011-2013

Le réseau 470 établissements (cofinancé par les familles) accueille près de 300.000 élèves (dont 55% étrangers) dans 130 pays.

Pilotage de la politique scolaire à l’étranger :

Création d’une « cartographie de l’enseignement français à l’étranger » pour élaborer la stratégie de l’offre scolaire.

Création du Label « FrancEducation », qui sera délivré à partir de l’année scolaire 2011-2012 à une centaine d’établissements d’excellence étrangers.

Filières Universitaires :

La France proposera aux bacheliers à l’étranger d’intégrer, dans les pays d’accueil et en France, les filières universitaires d’excellence créées par et avec les universités françaises.

  • Santini

    Comme tous les précédents ministres des affaires étrangères, Monsieur Alain Juppé ne connait sans doute pas le FLE et les conditions calamiteuses dans lesquelles sont embauchés
    tous les professionnels du FLE qui se battent au quotidien pour sortir de la précarité qu’on leur impose et pour tenter d’avoir enfin une réelle reconnaissance de leur diplôme.
    Alors, une petite piqûre de rappel qu’il serait bon que notre cher ministre lise :
    Les conditions de travail d’un formateur FLE dans le réseau culturel du MAE (Instituts et Alliances) :
    * Statut de vacataire pour 90 % des enseignants recrutés localement avec des contrats signés chaque année sans aucune garantie du maintien de leur volume horaire de cours

    * Titularisation ou mensualisation extrêmement rare dans la majorité des établissements (en moyenne, création d’un poste à temps plein tous les 5 ans)

    * Politique de recrutement et gestion du personnel obscure où les enseignants diplômés de FLE et expérimentés sont mis en concurrence avec les femmes de « … » (directeurs de grandes entreprises françaises), les étudiants des grandes écoles en échange universitaire désireux d’améliorer leurs fins de mois ou des enseignants de l’EN (professeurs de mathématiques, d’histoire, de philosophie, …) venus goûter l’appel du large …

    * Rémunération « fluctuante » des vacataires calculée au prorata des étudiants présents dans la classe (5-6 étudiants = 8 euros de l’heure / 7-9 étudiants = 10 euros de l’heure / 10-14 étudiants= 14 euros de l’heure) , ce qui crée un climat malsain de concurrence entre les enseignants.

    * Aucune valorisation salariale en fonction des diplômes (Bac + 4 minimum), de l’ancienneté et des résultats des enseignants

    * Disparité des salaires des directeurs nommés par le Ministère des Affaires Étrangères et qui ont EUX le statut d’expatrié avec tous les avantages que cela représente à savoir des droits en France, des salaires pouvant atteindre les 5000 euros/mois + avantages en nature

    * Aucune prestation sociale, aucune assurance chômage, aucune prise en charge du coût des transports, aucune cotisation retraite versées aux vacataires, les laissant à moyen et long terme dans une situation administrative inextricable

    * Aucune revendication syndicale possible face à la gestion des ressources humaines humiliante et méprisante soutenue par le service culturel de l’ambassade et son attaché culturel qui nie la souffrance et la désespérance des enseignants et qui vend à ces derniers la vacation comme seul horizon professionnel

    La liste est longue et pourrait continuer ainsi pendant longtemps. La francophonie « en perte de vitesse » partout dans le monde peut-elle se passer de personnels qualifiés et compétents ? Peut-elle continuer à vivre sur le mépris de ses principaux acteurs de diffusion ? Peut-elle continuer à scier la branche sur laquelle elle est assise ?

    Nous sommes beaucoup à « jeter l’éponge » par faute de reconnaissance, de valorisation salariale et de réelles perspectives d’évolution auquel vient s’ajouter un mépris « quasi total » de notre diplôme et de nos expériences en cas de retour en France.

    Alors, Monsieur le Ministre, Qu’attendez-vous ?

  • Myriam Dodeuil

    @ Santini: je suis à fait d’accord avec vous. Nous, les profs, sommes le fer de lance de cette bataille de cultures et de langues, le premier contact direct que les apprenants auront avec la France. Nous aidons à vendre des voitures, des voyages, des yaourts, du vin… Nous avons un rôle économique, nous aidons aux exportations de la France. Le gouvernement francais se souvient de nos enfants quand il a besoin de soldats, de chair à canon. Et qu’avons-nous en échange?

  • Rakotoarijao

    tout à fait d’accord aussi. Et concernant les Lycée Français, (sur Madagascar en tout cas), le but est de fermer tous les « petits » à moyen et long terme pour n’en garder que 2 grands ( un à la capitale et l’autre dans une ville sur la côte est) pour un territoire plus que la France et le Benelux réunis (590 000km2). Donc leur fameux label va mettre en péril des dizaines voire des centaines d’établissement de second ordre….. Et le français ne sera enseigné que dans les plus grandes des grandes villes…. Dommage.

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